samedi 29 septembre 2007
lundi 13 août 2007
These shoes are made for runnin'
D'accord, elles sont complètement folles, mais quand même. Elles réussissent à prouver que
1. le confort est une notion grossièrement surestimée. Particulièrement en nos terres francophones où il est de bon ton de s'afficher en gougounes à velcro, runnings ou -oh! comble de la coquetterie!- en ballerines.
2. c'est possible d'attrapper l'autobus en talons hauts.
3. non, vous n'êtes pas tombée dans le nid de poule parce que vous portiez des talons de 10cm, mais parce qu'il y avait là un criss de nid de poule et que vous ne l'avez pas vu.
Pour toutes ces raisons, je célèbre la course en talons hauts, faisant pour le moment fi de mes réserves toutes féministes. Et je m'en vais de ce pas passer l'aspirateur avec mes stilettos londoniens.
vendredi 3 août 2007
34 days later
À part ça, faut qu'on mette quelque chose au clair: arrêtez de me demander "comment ç'a été ton voyage", c'est une question nulle. La réponse ne peut que se situer dans des eaux maintes et maintes fois pratiquées: bien, super, pas mal, fatiguant, monstrueux. J'oscille un peu des fois pour surprendre mon adversaire. Posez plutôt une question précise et originale, qui pourrait donner lieu à une réelle conversation. Par exemple: est-ce que les Polonais ont des têtes aussi rondes et rasées qu'on le dit? Combien d'heures estimes-tu avoir passé dans les transports en commun au cours de ce voyage? Est-ce que le Carpe Diem tourne toujours autant à Hvar (Croatie)? À quel genre d'activité s'adonne-t-on quand il fait une chaleur de 43 degrés à l'ombre et que les vieux meurent comme des mouches en Europe de l'Est? C'est vrai qu'ils entraînent des abeilles pour repérer des mines antipersonnel en Croatie?
Auquel cas je pourrais vous répondre: oui, 300, oui mais c'est cher, aucune, et oui.
Quoique je ne les ai pas vues à l'oeuvre, l'AFP rapporte que des milliers d'abeilles sont entraînées par la faculté d'agriculture de Zagreb à détecter des mines antipersonnel grâce à leur odorat. Celles que j'ai vues étaient plutôt entraînées à repérer nos heures de repas, mais bon. C'est quand-même débrouillard, non, quand on a un budget limité?
Parlant de budget limité, il faut que je vous raconte comment on fait pour éteindre un feu en Herzégovine. Une nuit chaude là-bas, après qu'il eût fait une chaleur dantesque pendant la journée, le ciel était illuminé par un incendie sur une montagne. Une de ces petites montagnes rocheuses et désertiques, peuplée de quelques buissons brûlés par le soleil, dont il y a tant dans le sud de la Bosnie. L'air est si sec et brûlant là-bas qu'il suffit de presque rien. Quelqu'un jette un spray à cheveux par exemple (non, c'était pas moi), il explose au soleil et ça y est. Un autre crime s'ajoute à la longue liste de ceux dont les magazines de mode sont déjà responsables.
Bref, les pompiers faisaient de leur mieux pour contenir l'incendie: ils attendaient. Ben ouais. Impossible de se rendre en haut de la montagne. Impossible d'arroser- la Bosnie ne possède pas d'hydravions et la Croatie en a deux, en piteux état paraît-il et déjà occupés ailleurs. Alors les pompiers ont attendu au pied du mont que l'incendie se rende à eux avant d'éteindre.
Êtes-vous contents d'habiter au Québec, là?
samedi 30 juin 2007
Mon testament
Oh! J'entends déjà les mauvaises langues: mais qu'est-ce qu'elle a à écrire son testament, elle ne possède rien d'intéressant de toute façon à part sa nouvelle caméra numérique et son enregistreuse miracle qui transforme les paroles en texte mais dont elle ne sait pas comment se servir; et puis de toute façon elle cherche seulement à se rendre intéressante et à écrire des conneries sur son blogue.
C'est pas faux. Mais pensez-y: si vous ne me lisiez plus jamais, mon dernier post aura été à propos de foot! Et ça, je ne peux pas accepter. Même si Zidane est impliqué là-dedans.
Alors voici:
1. Si jamais on retrouve les pages de mon roman inachevé (David Topperfield) et que, je ne sais pas, Gallimard décide de le publier, je voudrais y rajouter une dédicace: À tous les hommes qui m'ont aimée.
2. Si je vous dois de l'argent, soyez indulgent, je suis morte.
3. Et non, je n'aurais pas voulu que mon enterrement se transforme en gros party où tout le monde est heureux et se saoule la gueule en disant :" elle aurait aimé ça que nous la fêtions comme elle fêtait la vie". Vous serez tristes. Compris?
4. Je veux être enterrée avec tous mes vêtements et toutes mes chaussures.
5. Si jamais un journal/magazine quelconque pour lequel j'ai travaillé écrivait ma nécrologie, ne les laissez surtout pas mettre : "elle fut une excellente chroniqueuse beauté". Je donnerai des coups de pieds dans mon cercueil.
Voilà pour l'essentiel. Pour le reste, si jamais je survis, je vous dis: rendez-vous sur mon blogue, d'où je vous rapporterai toutes mes pérégrinations en Europe de l'Est dans les futures semaines. Peut-être même aurez-vous quelques photos à l'appui, par exemple quand je tenterai de traire une chèvre chez mes grands-parents (si amusant!) ou que je poserai bras dessus- bras dessous avec le grand pont de Dubrovnik (si joli!). Et comme je suis une vraie chmournaliste, je tenterai de vous rapporterai quelques clichés volés de faces de Polonais. À quoi ça ressemble un Polonais d'extrême-droite qui a voté pour les frères Kaszcynski? La réponse dans mon prochain billet.
mardi 19 juin 2007
Zizou x 17 x 90
Pendant 90 minutes (la durée d'un match de foot, le 23 avril 2005, entre le Real Madrid et le Villareal), 17 caméras ont capté le visage de Zidane, les pieds de Zidane, les cuisses de Zidane, les mains de Zidane. Sous tous les angles. Et je comprends tout à fait pourquoi ça n'a pas plu aux amateurs de foot. Ils étaient venus pour voir un match de foot, ils ont eu droit à une transe hypnotique qui s'est déployée sous les rythmes rock de Mogwai. Ils voulaient être éblouis par le sens du jeu de Zidane, ils voulaient s'en prendre plein la face de son talent de footballeur, et ils ont eu son visage scruté à la loupe, son corps morcelé, son expression impénétrable.
Et, bien sûr, il y a cet espace-temps complètement éclaté, où l'on est désorienté, sans repères. Que se passe-t-il ailleurs, pendant que Zidane effleure le gazon avec ses crampons? Pendant qu'il attend le ballon? On ne le sait pas, ce n'est d'ailleurs pas l'important. De temps en temps dans cette expérience morcelée, il y a des buts. On les voit par les images d'archives de la télé espagnole, et c'est dans ces moments que nous prenons conscience de l'infranchissable abîme entre le footballeur et les spectateurs. Le reste du temps, on est avec lui, Zidane, sur le carré vert où la rumeur de la foule devient assourdissante. Où il oppose un visage statuesque, absolument sans expression, qui crache et qui sue et qui se tord quelquefois en un rictus, à ces millions de regards braqués sur lui.
Une fois, une seule fois, Zidane sourit. C'est à une blague que son coéquipier Roberto Carlos vient de faire. Le sourire reste, tarde à disparaître. Une autre fois, son calme olympien cède pendant qu'il s'empoigne avec un joueur de l'équipe adverse. On aperçoit Beckham qui tente de le retenir, un peu ridicule avec son physique de chanteur de boy's band face à cet impénétrable Algérien viellissant, noble, un peu cruel. Le carton rouge que Zidane récolte est prémonitoire. Et inattendu.
Allez voir Zidane comme vous iriez au musée d'art contemporain. Il n'y aura après tout ni mise en contexte, ni interviews, ni quoi que ce soit d'autre dans ce film expérimental qu'une apnée en terrain vert. Et ce sera magnifique.
vendredi 15 juin 2007
Bloguer en Iran
I would like to say that I truly respect you, mr. President. You are a person of deep faith and you keep to your point of view. That is what I value the most. From what youve written on your blog, I can notice that the Iranian people and people from my home country Poland are mentally very similar. I hope our two countries will both keep on developing.
Your interviews are very enlightening. I enjoying listening to them, but I become disheartened when I discover the American Media misquote, misrepresent and completely propagandize what you are saying. Doesnt it bother you that your views are twisted so much in the West?
On ne s'en était pas rendus compte, mais comme le président Poutine, qui l'a répété pendant le G8, Ahmadinejad est un modèle de démocratie. Comme le dit Poutine (je résume): je suis le plus démocratique d'entre tous, c'est vous qui ne l'êtes pas. Une logique sans faille.
jeudi 14 juin 2007
Le nouveau Michael Moore
Bon. Il faut dire que j'ai d'abord pris Manufacturing Dissent avec un grain de sel. Oui, les méthodes de Michael Moore sont douteuses, mais est-ce qu'on ne peut pas les pardonner quand ses films réussissent à faire ce que des documentaires plus scrupuleux ne font pas, c'est-à-dire faire courir les foules? Même s'il y a à y redire, ne met-il pas le doigt sur des réalités autrement plus importantes? N'est-il pas une voix essentielle à la gauche, une voix qui porte- chose si rare dans le monde médiatique américain, où on est accusé d'antiaméricanisme dès qu'on ose critiquer l'administration Bush?
Et puis, et surtout: Manufacturing Dissent donnera-t-il des armes à la droite?
Peut-être. Mais cela ne lui enlève pas son intérêt. Ironique de voir comment la réalisatrice emprunte elle-même quelques recettes à Michael Moore pour faire elle-même un documentaire punché. Elle est dans son propre film, elle utilise la narration, le montage rythmé. On se sent comme dans un remake de Roger&Me, où Moore racontait ses tentatives infructueuses de confronter le président de General Motors, Roger Smith. Ici aussi, la réalisatrice essaie à maintes reprises d'interviewer Michael Moore. Ici aussi, elle se fait hypocritement rabrouer.
On sort de ce film avec la désagréable impression que Moore est devenu le genre de "preacher" qu'il dénonçait. Le genre qui détient la vérité toute infuse. Il est debout, devant une foule électrifiée: l'administration Bush ne nous dit pas toute la vérité, crie-t-il. C'est aux médias de faire leur travail, de déterrer les faits et de poser les bonnes questions, dit-il encore. Ne nous laissons plus manipuler.
En effet.
Une petite déception: le titre est très pertinent, certes, mais avec cette allusion à Noam Chomsky, je m'attendais à plus. Plus qu'une entrevue dont on a entendu une seule phrase, quelque chose à propos de la presse libérale aux États-Unis, unie comme une seule personne. Dommage qu'il n'y ait pas eu plus de commentaires de la part de quelqu'un qui a directement inspiré le titre du film.
Pour la petite histoire, il y avait d'autres journalistes que moi à cette projection de presse. Des dames de Radio-Canada, d'après ce que j'ai pu voir, avec lesquelles j'ai pissé en coeur après le film. (Pardonnez ma vulgarité.) À ce propos: Odile Tremblay a l'air originale; Francine Grimaldi sent très fort un parfum musqué; et Marie-Christine Trottier est étonnamment sexy et pigeonnante (je parle de son déc0lleté). C'était pour vous donner une impression des coulisses.
mardi 12 juin 2007
jeudi 7 juin 2007
D'injustices et d'autres
Dans Jasmin, un nouvel hebdo d'un raffinement inouï, l'éditorial est signé par un homme. Hum. Un point de vue féminin sur l'actualité, vous avez dit? Et que raconte cet écrivain, ce François Bégaudeau? Que mine de rien, depuis cent ans, les femmes sont au coeur de "la plus grande révolution politique de l'histoire du monde". Écoutez: "Ça ne se passe ni à l'Élysée ni à l'ONU, mais dans les maisons, dans les rues, en boîte de nuit. Partout les femmes, les nanas, les gonzesses et autres meufs* explorent les potentialités sécrétées par leur corps (= les possibilités qu'implique le fait d'être en vie). Longtemps l'accès à la vie et à son opérateur, le corps, a été interdit aux femmes. Puis, détournant l'attention du gardien par un strip-tease, elles ont volé la clé, ouvert la porte et découvert en elles des trésors d'intelligence, d'orgasme et d'humour."
Oubliez ça, femmes, la politique et les relations internationales! Pourquoi embarrasser votre jolie petite tête de concepts si ennuyants quand vous pourriez donner et recevoir du plaisir pendant ce temps! Car oui, le vrai pouvoir, celui de M. Bégaudeau, c'est celui qui passe par le cul. Pourquoi prendre des cours de droit quand vous pourriez suivre des classes de danse poteau?
* pour mes lecteurs anglos: expressions familières ou argotiques pour désigner les femmes en France.
Autre perle dans le même magazine (suivez la logique): l'article Ségolène, la revanche d'une femme blessée? Le compte rendu d'un livre où deux journalistes, femmes de surcroît, insinuent que Ségo a fait campagne par vengeance envers son mari. "L'irrésistible ascension d'une femme dans la course à L'Élysée cachait donc la revanche d'une compagne délaissée, qui a voulu faire payer le prix fort à son homme, surpris un jour de septembre 2005 en flagrant délit de papillonnage avec la journaliste trop jolie et trop vive d'un grand hebdomadaire."
Ségolène Royal, Angela Merkel, Michelle Bachelet : toutes des mal baisées.
Pauvre Ségo. Au moins aux États-Unis, on ne réduit pas la campagne d'Hilary à une simple histoire d'humiliation publique à cause de la grosse Lewinsky.
Dans un tout autre ordre d'idées, Paris Hilton a été libérée de prison aujourd'hui tout juste après trois jours derrière les verrous, alors qu'elle aurait du en avoir pour 40 (jours). La cause? Des "raisons de santé". Mamzelle l'héritière va donc purger sa peine à la maison, qu'on imagine fort inconfortable et contraignante. Nous sommes tous égaux, disiez-vous? Elle est bien bonne.
Et on ne donne même pas les explications exactes quant à ses problèmes de santé. Muta suggère: "elle avait ses règles".
mercredi 23 mai 2007
Je veux être un légume parmi les légumes!
Je voudrais être le concepteur publicitaire qui a pensé à ça, mais surtout!, je voudrais voir comment il a réussi à leur vendre son idée. "Ouais, il y aura plein de légumes qui dansent, et à un moment donné, une gigantesque main coupée va venir leur râper du fromage dessus, pis là un gros couteau va venir couper le fromage tout seul, et un bout de fromage vivant va sortir du dedans pour effrayer les légumes dansants"???? Pa-pa-pa-paparmigiano, Re-re-re-rerereggiano!
mardi 22 mai 2007
Chaleurs d'été
Cet été là, on avait la télé câblée et l'internet haute vitesse, mais surtout la télé câblée: plus de 400 chaînes françaises et internationales, et au moins 15 là-dessus étaient uniquement dédiées au cinéma. Dehors, il y avait le jardin du Luxembourg qui éclatait sous le soleil de juin, il y avait les touristes américains, il y avait les cafés bondés, et moi je passais mes journées collée à la télé, à regarder les films en boucle. Et à boire du vin, oui, beaucoup de vin. Une fois, j'ai soupé d'un gros plat que j'avais eu le temps de cuisiner et j'ai calé une bouteille de blanc toute seule, ce qui m'a tellement abrutie que j'ai dormi pendant 16 heures. Ça reste ma rencontre la plus proche avec l'alcoolisme.
Tout ça pour dire que j'ai terminé aujourd'hui, sous le soleil de mai, Chaleur du sang d'Irène Némirovsky qui n'a rien fait pour chasser cette atmosphère paresseuse et délétère qui accompagne chez moi l'angoisse des temps morts. Irène N., comme je me permets de l'appeler, c'est cette auteure qui a gagné le prix Renaudot plus de 60 ans après sa mort. On avait retrouvé le manuscrit de Suite française dans les tiroirs de la Juive française assassinée à Auschwitz, on l'avait publié et il avait gagné, malgré le poids des années et d'une mort lointaine.
Chaleur du sang, c'est un de ces livres ruraux français dans la tradition de George Sand et de Marcel Pagnol, en plus impudique. On y retrouve la même âpreté des paysans, le même soleil chaud, le même rythme de vie déterminé par les semailles et les moissons. Un vieil oncle raconte quelques saisons dans la vie des paysans bourgeois de son village. François et Hélène, les cousins de l'oncle Silvio, comme toute le monde l'appelle, sont mariés, tranquilles et heureux depuis un quart de siècle. Leur fille Colette épouse un brave garçon. Mais il y a dans les parages un beau grand brun, amant d'une autre belle jeune femme mariée à un vieillard, et il y a aussi quelque chose comme une ambiance de passion et de meurtre.
C'est plus long qu'une nouvelle et plus court qu'un roman, et ça se lit comme la chronique d'un secret de famille. C'est comme si on avait troublé la surface calme d'un étang, et que la tranquille apparence de l'eau claire avait fait place à une boue opaque. L'oncle Silvio est vieux et il contemple les passions de la jeunesse en vieux garçon tranquille qu'il est, mais il y a des événements (des révélations) qui rappellent même à un vieux garçon la chaleur du sang qui l'a déjà bouleversé, jeune. On lit ça comme un vieux carnet qu'on aurait trouvé dans un poussiéreux grenier de famille, un carnet qui nous aurait rappelé que nos grands-parents ont déjà été jeunes et qu'ils ont fait des folies par désir. Il y a la même aura de mystère que si on avait trouvé un journal intime jauni, dont les protagonistes sont morts depuis longtemps.
"... à vingt ans, comme je brûlais!", écrit l'oncle Silvio. "Comment s'allume en nous ce feu? Il dévore tout, en quelques mois, en quelques années, en quelques heures parfois, puis s'éteint. Après, vous pouvez dénombrer ses ravages. (...) Qui n'a pas eu sa vie étrangement déformée et courbée par ce feu dans un sens contraire à sa nature profonde? Si bien que nous sommes tous plus ou moins semblables à ces branches qui brûlent dans ma cheminée et que les flammes tordent comme elles veulent; j'ai sans doute tort de généraliser; il y a des gens qui sont à vingt ans parfaitement sages, mais je préfère ma folie passée à leur jeunesse."
Non, cette écriture n'est pas contemporaine. Mais il y a quelque chose dans son air embaumé qui colle au sujet et qui nous fait mieux sentir la nostalgie des années mortes que si c'était Sollers qui l'écrivait... Quelque chose de vieux, de beau, d'ancien et d'assassin. Amenez-le au parc, et lisez-le sous le soleil du midi.
mardi 15 mai 2007
J'ai serré la main du diable
Moi: Vous savez, Satan, je ne vois même pas pourquoi vous me montrez tous ces chiffres et calculs pour justifier une si faramineuse augmentation du loyer. D'abord, parce qu'elle ne se justifie pas. Ensuite, parce que vous avez dépassé le délai prescrit par la Régie du logement pour ouvrir un dossier.
Satan: Non, je n'ai rien dépassé du tout.
Moi: Si. Vous aviez un mois depuis l'envoi de ma lettre, et j'ai gardé le reçu. Vous l'avez dépassé de quelques jours.
Satan: C'est pas vrai! C'est pas vrai!
Moi: Bon, allez vérifier. Ils vous diront la même chose qu'à moi, c'est-à-dire que le bail est reconduit aux mêmes conditions qu'avant.
Satan (très fâché): Je vous ferais remarquer que j'ai baissé le loyer exprès pour vous l'année dernière, parce que je vous aimais bien...
Moi: Pardon? On était une semaine avant le 1er juillet. Il n'y avait personne d'autre d'intéressé, au prix qu'il était! Bon, écoutez ce que je vous propose: j'accepte une augmentation de 20$ par mois, si vous voulez qu'on n'aille pas devant la Régie.
Satan: .... Ok.... Mais je dois d'abord vérifier mon délai avec la Régie.
Moi: Ah non! Ce n'est pas comme ça qu'on négocie!
Satan: Vous cherchez à m'intimider? À profiter de mon ignorance?... Écoutez, je vous demande une journée pour réfléchir, c'est tout.
Moi: ...
Satan: ...
Moi: Demain j'aurai peut-être changé d'idée.
C'est ainsi que je négocie de pied ferme. De plus en plus ferme. Vous me trouvez pas sexy?
lundi 14 mai 2007
Adieu, chroniques beauté
Et puis les chroniques vanités, mine de rien, ça payait mon loyer. Et ça me donnait de quoi écrire, de quoi délirer, de quoi nourrir mon blogue tout rose. Ça m'a permis de voir non pas le monde, mais Toronto. Au moins trois, quatre fois, si ma mémoire est bonne.
Alors aujourd'hui, je suis comme en compote. Moi qui a maintes fois considéré démissionner de cette section, je suis en deuil. C'est que je les aimais bien, au fond, mes chroniques vanités. Allez, vivez longtemps mes petites! Vivez sous la plume d'une autre, volez de ses ailes à elle, abreuvez-vous aux sources de son inspiration! Et rendez-moi la mienne!
Ah oui, la raison: ils ont engagé une nouvelle journaliste pupitre mode de vie qui va écrire pas mal de textes, ce qui va leur faire économiser pas mal de sous. Ainsi vont les profits.
Le lundi 7 mai 2007, vous avez donc assisté à mon dernier délire de chroniqueuse beauté. Rassurez-vous, il n'y a pas de lien entre l'un et l'autre: la nuit m'a bien porté conseil, et j'ai changé (un peu) ce paragraphe lyrique et embrasé avant de le publier.
jeudi 10 mai 2007
lundi 7 mai 2007
Un délire de chroniqueuse beauté
Fard à paupières de *marque connue*
C’est un bleu océan un brin charbonneux qui nappe la peau comme un voile mat et soyeux. Une teinte passe-partout, pour les amoureuses de l’eau ancrées sur la terre ferme. Un fard entre l’azur et le ciment, à porter au bureau ou plus tard, quand les heures s’avancent en même temps que les ombres.
Pris entre l'humour au 3e degré sous-jacent à votre écriture, ému par la poésie au 1er degré qui baigne ces quelques phrases aériennes, rattrapé par votre désir de réveiller le lecteur assoupi qui lit votre chronique sur son bol de toilette, vous hésitez. Peut-être... devrais-je... vraiment... le publier?
Sage (vous avez lu les trésors de la pensée bouddhiste, tels que Ping la grenouille), vous laissez la nuit vous porter conseil. Vous ne voudriez pas, après tout, que ladite marque vous contacte pour rédiger ses futurs communiqués de presse. Et puis vous vous inquiétez aussi de ces envolées lyriques à propos d'une ombre.
La chronique nightlife
Rage against the fashion world. Aujourd'hui j'ai appelé une designer pour une mini-entrevue. Si je le pouvais, je récrirais ses réponses. Comment peut-on être à la fois aussi sympa, mignonne et sans intérêt? Comment peut-on avoir si désespérément peu de choses à dire tout en étant ambitieuse, travaillante et excellente femme d'affaires? Si seulement je le pouvais, j'inventerais des réponses bien meilleures pour elle. La tentation sera forte, mais tant pis. Je laisse mes velléités créatives naître et mourir ici. RIP.
lundi 30 avril 2007
Sac d'épicerie
Je me suis aussi rendue compte. Que. Il est révolu, le temps où les gens qui avaient dix ans de moins que moi étaient encore au primaire. Maintenant, ces gens écrivent, font des blogs et se ramassent tellement plus de commentaires que moi, dix ans plus vieille et tellement plus mature... non? Oui bon d'accord, faut pas se juger d'après le nombre de commentaires que l'on récolte, n'empêche que... avouez?... c'est dur. Surtout quand la blogueuse en question a 15 ans. Dans le même ordre d'idée (la vieillesse), acceptez-le une fois pour toutes: je ne m'inscrirai pas à ce machin de Facebook. Non, non et non. Je ne fréquente pas les endroits où je suis la matrone.
Présentez-moi ce traducteur. Libé rapporte aujourd'hui qu'un traducteur américain s'est amusé aux dépens de Sarkozy et je trouve ça très, très drôle. Ça se passe dans un discours télévisé au cours duquel Sarko invite les Français à "s'unir à moi" (lui, pas moi). Traduction: ... rally my inflated ego. Le traducteur a été licencié. Il y a des gens qui n'ont pas d'humour. Et il y en a d'autres qui n'ont pas de rigueur. Mais beaucoup de fantaisie.
Le Sanjaya français. Parlant de fantaisie, vous devez voir ça. Un rejeton de la Nouvelle Star française, équivalent du American Idol (mais que s'est-il passé avec la Star Ac'?). Le mec est vraiment bon. Ses jeans sont vraiment petits. Et sa version de Like a virgin, vraiment jouissive. Je suis complètement fan.
dimanche 29 avril 2007
Molière au téléphone
dimanche 22 avril 2007
L'homme est un loup pour le loup (etc.)

Y me semble que je me verrais bien, de mon côté, gambader avec une gang de biches dans une savane africaine. Chacun son style.
Alors pour toutes les filles majeures et vaccinées, voici BUST:
C'est bien fait, c'est drôle, c'est assumé. Et le shooting mode est super joli, très sixties, très mod.
Enfin, pour vous, lecteurs et lectrices : un magazine tout nouveau, tout chaud: Monocle. Sur leur site web, ils destinent la revue à tous les lecteurs désabusés. Ils disent aussi qu'ils créeront sous peu une communauté d'intérêts regroupant les gens les plus intéressants du monde. Je les crois: Monocle a été fondé par M. Wallpaper, le French-Canadian Tyler Brûlé. Vous croyez que j'ai des chances avec M. Brûlé?
Je veux des votes:
- Tyler Brûlé est gai et il ne t'invitera jamais à prendre un verre
- Tyler Brûlé est gai, mais il t'invitera quand-même à prendre un verre pour des raisons obscures que tu ne comprendras jamais
- Tyler Brûlé est gai, mais il mourra du cancer de la peau du aux rayons UV des cabines de bronzage, avant d'avoir pu t'inviter à prendre un verre
Alors, Mon'oncle lui-même: un Wallpaper business plus politisé que l'original. Vous aimerez la perspective globale. Ça se promène à qui mieux mieux entre Tokyo, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, l'Inde, l'Allemagne... On nage en plein village global, c'en est presque épeurant. Appris, dans cette deuxième édition très très chic (vous adorerez le design, vous vendrez votre mère pour le papier et la qualité d'impression): quelques petits faits cocasses mais assez anecdotiques. Par exemple, en Arabie Saoudite, les femmes n'ont toujours pas le droit de conduire, mais elles folles de voitures. C'est LE nouveau marché pour les concessionnaires automobiles. Il faut qu'elles aient une voiture pour les piques-niques avec les enfants; une pour aller chez leurs copines; une pour sortir avec leur mari, une pour toute la famille. C'est sans compter les deux qui appartiennent au mari lui-même. L'auto est, pour la Saoudienne, ce que la paire de Blahniks est pour la New-Yorkaise. Sauf qu'elle ne peut la chausser que par chauffeur interposé.
Et puis, d'un point de vue culturel (parce qu'ici, n'est-ce pas, on parle de culture- voir le titre du blog): apparemment, le nouveau phénomène japonais de l'édition, c'est les livres sur téléphone cellulaire. Une industrie d'environ 80 millions de dollars par année. C'est pratique: on peut lire un chapitre entre quelques stations de métro, c'est léger, ça rentre dans tous les sacs à main. Une nouvelle forme littéraire est née! Je leur suggère une liste de titres qui me paraissent incontournables: Le tueur au Samsung X426 (polar), Les amants du Nokia 6300 (romance), Comment rencontrer l'âme soeur en cinq textos (psycho-pop), et bien sûr La vie sur les ondes: fréquentations et pratiques sociales à l'ère de la téléphonie cellulaire (essai).mercredi 11 avril 2007
La Littérature avec un grand Elle
Hum. Vous trouvez pas qu'il me ressemble vaguement? C'est un peu troublant.
2. Les romans d'amour NASCAR
Ils viennent plus vite que l'éclair! (hehe)
3. La collection Blouses Blanches
Ça se passe dans le merveilleux monde des médecins et des infirmières. Ils se rencontrent autour d'un tibia fracturé, d'une main coupée ou d'une épidémie de gastro-entérite. Les gardes de nuit ne seront plus jamais les mêmes! Yee-haw!
** Comment ça se fait que je sais ça? C'est une amie d'une amie d'une amie d'une amie d'une voisine dans un pays éloigné qui m'a dit ça.
*** Meuh non. Il se trouve que j'étais avec une amie, et que nous recherchions avec ferveur des films pornos destinés à un public féminin sur le web. Ne trouvant rien, nous avons voulu essayer le genre "robe longue, corset, bas jarretelles, elle est la princesse du château et elle a une scène de sexe torride avec le palefrenier (bien entendu, elle garde son corset et ses jupes, parce que c'est beau)". Était-ce trop demander? Il semble que oui, car dès que nous entrâmes en anglais l'expression "period porn" dans le moteur de recherche, nous nous retrouvâmes avec des titres oh combien inattendus...